Vie à bord

Aller en bas

Vie à bord

Message par Colombe de Singrist le Mer 29 Mai - 14:21

La jeune Colombe appréciait le confort de sa cabine.
Depuis qu'elle était à bord, tout lui plaisait.
Mais ce matin là, elle était loin de se douter de ce qui lui arriverait, lorsqu'un pigeon se posa sur le rebord du hublot de sa cabine.
Elle l'ouvrit, reconnaissant l'écriture de celui qu'elle portait dans son coeur depuis plusieurs mois maintenant.


Douce Colombe,

A l’heure où je vous écris, vous devez être entrain de voguer vers le froid nordique. Puisse ce courrier vous apporter un peu de chaleur.

Quelle torture pour moi de n’avoir pu vous contacter plus tôt. Modestement, je n’ose imaginer la vôtre face à mon silence prolongé. J’ai prié chaque jour pour que vous ne vous sentiez pas abandonnée de moi. A vrai dire, les temps se troublent chaque jour davantage. J’ai été eu à me faire discret pour une mission confiée par l’Ordre. Aussi, il m’a été impossible d’écrire durant tout ce temps. Si ma plume vous a négligée, sachez que mon cœur, lui, ne vous a quitté une seconde.

Ce matin, à mon retour au campement, après ces quelques jours à errer, je n’avais qu’une hâte : coucher les mots que vous déchiffrez en ce moment. Cependant, je fus interrompu dans mon élan. En effet, une visite m’attendait. Une armée de Croisés avait posé son paquetage à côté des nôtres. Apparemment, un des officiers dirigeant ladite armée souhaitait me rencontrer. Aussitôt, je l’envoyai paitre mais on me certifia que c’était urgent. Alors, je cédai et organisa un bref entretien sous mon chapiteau où encre, vélin et plume étaient déjà préparés.

Quelle ne fut ma surprise lorsque l’officier en question pénétra les lieux... Lors de notre rencontre, chère Colombe, vous m’aviez supporté alors que je pleurnichais sur ma lâcheté à déclarer ma flamme. Et bien, l’objet de la première discussion que nous ayons eue, vous et moi, se trouvait devant moi. Je sentis immédiatement que notre relation devenait plus qu’amicale à ses yeux. Ô comble du paradoxe ! Car autant vous m’aviez convaincu de lui avouer mes sentiments, autant, à cet instant, je ne sus que dire. J’ai hypocritement feint de ne comprendre ses avances. Me pardonnerez-vous cette faiblesse ?

Vous êtes loin de moi, donc mon cœur est hors de moi, comment dès lors l’interroger ?

Vous me manquez Colombe, plus que je ne saurais l’écrire et plus que jamais,
Votre fidèle
Mateu


Une larme ronde et brulante se mit à couler sur sa joue.
Elle resta un moment debout, le bras droit le long de son corps, sa main tenant la lettre.
Comment était-ce possible, alors ?
Mais tout ce qu'il lui avait dit auparavant.... Et cette chainette en or qu'il lui avait offerte ?
Elle se sentit soudain vide, et l'excitation du voyage avait perdu de son intensité.
Elle n'avait plus vraiment de raison de rentrer désormais.
Pourquoi ? Pour qui ? Il y aurait-il seulement une seule personne qui la regretterait ?
Elle se mit à songer que même en Suede, elle ne connaissait personne. Meme son oncle, finalement, elle ne le connaissait que par les quelques missives qu'ils s'étaient échangées.
Elle sortit. Il lui fallait respirer, prendre l'air.
avatar
Colombe de Singrist
Bosco

Messages : 64
Date d'inscription : 26/05/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Vie à bord

Message par Colombe de Singrist le Jeu 30 Mai - 13:32

Rentrée du pont qu'elle avait fierement briqué avec l'aide de Marik, Colombe se sentit enfin le courage de répondre à Mateù.
Prenant la plume, elle la trempa dans l'encrier, et sur un vélin de qualité supérieure, elle coucha donc les mots qui lui vinrent à l'esprit.



Mon doux Mateù,

Nostre navire a quitté hier matin le port d'Haarlem, petite bourgade hollandaise à l'Ouest d'Amsterdam. Et depuis, nous luttons contre les vents mauvais qui cherchent à nous rabattre vers les costes, mais c'est sans compter sur l'experience et la réactivité de nos deux capitaines, pour qui la navigation n'a plus de secret, et qui se relaient à la barre, l'un étant le capitaine diurne, tandis que l'autre navigue la nuit. Et ceic dans l'espoir de nous voir bientot franchir les feus d'Helsingor, au Danemark, nostre prochaine escale.

Je venais à peine de me réveiller et de sortir de ma cabine pour m'en aller prendre un petit déjeuner au Mess de la Sirène Gasconne, lorsque vostre pigeon se posa près de moi.
Je n'osais y croire, et pourtant, je reconnu rapidement vostre écriture.
Vous ne pouvez imaginez le transport qui fut le mien à cet instant !

N'ayant plus de vent de vous, j'avais si peur qu'il vous soit arrivé quelque chose. Je vous ai cru mort, à un moment, et j'en restais inconsolable. Mais un jour, me recueillant dans une petite chapelle, un rayon de soleil traversa un vitrail, et vint se poser sur mon coeur. J'y vis là un signe du Très-Haut m'indiquant que je ne devais pas perdre courage.
Alors je vous ai cru captif, ou peut-estre malade, en tout cas dans l'impossibilité de me répondre et en grand peine de ne le pouvoir faire. Je n'ai donc plus eu de cesse de penser à vous, priant chaque jour pour vostre personne, et gardant toujours à mon cou, cette chainette dorée que vous m'avez offerte.

Alors oui, bien qu'il ne fasse pas froid, du moins pas encore trop froid, vostre lettre m' a apporté un peu de chaleur, venant réchauffer mon coeur. Sachez qu'elle m'a beaucoup touchée.

J'ai souri lorsque vous m'avez annoncé avoir retrouvé celle qui faict battre vostre coeur.
Sachez, Mateù, que le temps réunit toujours les coeurs qui s'aiment vraiment.

Oui, je me souviens de cette discussion que nous avions eue en taverne ce soir là. Et je n'ai pas changé d'avis sur le faict qu'il faille avouer ses sentiments aux personnes qui nous sont chères, de peur que le temps ne nous en laissat poinct l'opportunité.

J'étais persuadée alors que vous le feriez quand vous en auriez l'occasion, mais voila que vous confessez de nouveau ne l'avoir poinct faict, et mesme avoir feint l'aveuglement devant les avances qu'elle vous faisait. J'avoue volontiers ne pas comprendre, mais comment pourrais-je ne poinct vous pardonner ?
J'avais cru lire en vous une certaine sensibilité, notamment lorsque vous m'aviez dict que je vous faisais penser à l'une de vos défuntes épouses. Et je comprends aisément que l'émotion quit fut la vostre en revoyant cette dame si chère à vostre coeur, ait pu prendre le pas sur le verbe.
Mais Mateu, je ne puis que vous réiterer mes encouragements à lui dévoiler vostre flamme, vous aussi. Parce que tout ce temps qui passe, où vous ne vous déclarez pas, reste du temps perdu pendant lequel un autre sera susceptible de lui declarer la sienne.

J'espère ne poinct vous paraistre amère en vous disant cela, mais je viens moi-mesme de perdre toutes mes illusions, en recevant une missive m'annonçant que l'homme que j'aimais en convoitait une autre. J'aurais sans doute dû lui déclarer ma flamme, moi aussi, avant qu'il ne soit trop tard. Mais naïve, trop fleur bleue sans doute, je pensais que c'était à lui de se déclarer en premier, puisqu'il était l'homme. Malgré ses cadeaux, malgré ses attentions, malgré ses missives où je pensais lire ses déclarations avouées à demi-mots, il n'en estait rien, je crains bien m'estre bercée d'illiusions durant tous ces mois....
Si vous saviez ô combien j'en souffre à présent. Avoir frolé le bonheur, l'avoir presque touché du doigt, et le voir m'échapper alors.
J'en suis mesme venue à me demander si je reviendrai de mon séjour en Scandinavie.
Pourquoi ? Pour qui ? Je crains de n'estre plus attendue de personne.

Je vous en prie Mateù, regarder en vous-mesme. Et s'il est une femme que vous portez en vostre coeur, faites lui en part dès à présent. Car le bonheur n'attend pas.
Je serais bien malheureuse de vous savoir torturé par un aveu que vous n'auriez pas faict.

Quant à moi, je serai toujours près de vous, ne serait-ce qu'en pensées.
Vous me manquez aussi, mon bon Mateù, et croyez bien que ce voyage est terni par le faict qu'il m'éloigne de vous.

Vostre Colombe
avatar
Colombe de Singrist
Bosco

Messages : 64
Date d'inscription : 26/05/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Vie à bord

Message par vivilolo le Mer 26 Juin - 16:25

entre tout doucement...........comme elle avait promis.
Ouvre bien grand les hublots..


Ha!!!!!!!!
Ça sent bon!!!
Colombe sera bien quand elle arrivera tard cette nuit....


regarde si il ne manque rien.......sort en refermant bien la porte derrière elle.

_________________
avatar
vivilolo
Pacha

Messages : 784
Date d'inscription : 04/10/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Vie à bord

Message par Colombe de Singrist le Dim 30 Juin - 10:01

Colombe était effectivement arrivée tard cette nuit là, et avait apprécié l'attention de Vivi.
Sa cabine ne sentait ni le renfermé, ni l'air vicié. C'était un plaisir, vraiment, que de voyager avec eux.

Les deux premiers jours de mer avaient été difficiles, après leur départ d'Helsingor. Beaucoup de choses trottaient dans la tête de la jeune fille.
Notamment, l'impression d'avoir abandonné Tinzen. Bien sûr, ce n'était guère le cas. Mais les départs étaient toujours synonymes de souffrance, puisqu'il y avait toujours "ceux qui restent".

Et puis, Colombe était fort préoccupée. Maintenant que le Roi de Suède était mort... qui l'accueillerait là-haut ? L'accueil serait-il aussi chaleureux que promis ?

Et puis... Pouvait-elle désormais dire qu'elle venait aussi en paix, et qu'elle était ambassadrice du peuple Lotharingien ? Hadrien avait abdiqué de son poste de Roi de Lotharingie, alors que restait-il ?
Elle se demanda si elle devait écrire à l'Empereur pour savoir s'il l'autorisait à se présenter comme ambassadrice de l'Empire. Mais il y en avait peut-etre déjà un en place. Et l'Empereur se souviendrait-il d'elle et des liens d'amitiés qui les liaient autrefois, lorsqu'ils étaient dans le même parti politique ?

Quelle question... il l'avait décorée de la Croix Impériale de Campagne, récemment. Bien sûr qu'il devait se souvenir d'elle.

Son regard se posa sur le petit coffret ouvert sur son secrétaire, et dans lequel reposait la médaille.




Elle se mit à penser aussitot qu'Elektra avait dû la recevoir elle aussi. Ainsi que tous les membres de l'Ordre des Lames qui avait participé à la Campagne contre le Fatum.
Elektra... Sa cousine lui manquait. D'autant plus que les dernières nouvelles qu'elle en avait étaient des plus heureuses. Le prétendant l'avait demandée en épousailles ! Que de mariages autour d'elle !
Évidemment, cela lui fit penser à Mateu.... Pas de nouvelles, une fois de plus. Le temps était bien long sans missives de sa part.
avatar
Colombe de Singrist
Bosco

Messages : 64
Date d'inscription : 26/05/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Vie à bord

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum